Don't worry, be happy...

Quand on a un papa qui est capable de reproduire tout un orchestre rien qu'avec sa bouche, on oublie vite ses rêves de devenir policier ou pompier pour marcher dans les traces du pater.C'est le cas de Taylor, fils de Bobby McFerrin, le beatmaker-vocalist extraordinaire comme on le qualifie outre-Atlantique. Dur de ne pas être attiré par le mouvement Hip Hop quand on est né à New York, c'est peut-être pour cela que Taylor ne se limitera pas aux influences jazz de son père. Sa musique sonne d'ailleurs très londonnienne et n'échappera pas aux oreilles affutées de Benji B et Gilles Peterson de BBC qui diffuseront le morceau Broken Vibes en heavy rotation. Cela aboutira entre autre pour notre petit gars locksé, une collaboration avec Ty sur son dernier album "Closer".
Producteur, human beatbox et tout simplement musicien, Taylor livre un premier EP de 4 titres, réalisé dans son petit home studio, dont le très beau Georgia accompagné de son père.
"Broken Vibes" est sans prétention une esquisse de ce que ce talentueux jeune homme nous réserve... J'ai hâte.
The Cashmere and the Black Pearls, The Nobelmen, The Soul Sessions et finalement Heatwave c'est sous ce nom que s'est fait connaître ce groupe soul/funk des années 70 créé après la fin de la deuxième guerre mondiale en RFA. Dans cette atmosphère d'après-guerre, le groupe est essentiellement formé d'anciens soldats américains passionés de musique mais subira de nombreuses transformations au fil des années mais le leader restera Johnnie Wilder, fondateur du groupe. Les formations soul dans les années 70 sont nombreuses mais Heatwave est l'une des rares à avoir vu naissance en Europe, et a donc été très influencé par le disco.
Fort de leur succès en Allemagne, Johnnie et son frère Keith décident de tenter leur chance et s'installent à Londres où il rencontres Rod Temperton, personnage charismatique qui leur assure leur montée vers la gloire. Les membres officiels sont alors les frères Wilder, Rod Temperton, Jesse Whitens (remplacé par Roy Carter), Mario Mantese, Emest Berger et Eric Johns, la stabilité du groupe atteinte, un premier album Too Hot To Handle sort en 1976 accompagné d'un de leur plus grand succès "Boogie Nights".
Ils sortent d'autres albums, s'exportent aux Etats-Unis mais les membres de Heatwave peinent à se distinguer dans la masses de groupe soul/funk de l'époque. De plus l'élément fort du groupe, Rod Temperton quitte ses camarades et se fait un nom en tant que producteur pour Quincy Jones, Herbie Hancock ou encore Michael Jackson. De mutations en mutations, le groupe perd de son essence et le succès avec, puis c'est Johnnie Wilder, la voix de Heatwave qui est forcé de jeter l'éponge après un accident de voiture qui le rend tétraplégique et qui est décédé le 13 mai dernier.
Heatwave a tout de même marqué les esprits car si leur notoriété s'est basé sur des single dansants, plein de groove, leur richesse se trouvent avant tout dans les balades qui se cachent dans leur album, des petites perles aux délicieuses harmonies vocales. Des perles qui n'ont pas échappé à certains des rappeurs de notre époque qui n'ont pas hésité à les sampler...
D I S C O G R A P H I E
Too Hot To Handle (1976) - Boogie Nights // Super Soul Sister // All you do Is Dial*
Central Heating (1977) - Happiness Togetherness // Mind Blowing Decision** // The Star Of A Story***
Hot Property (1978)
Candles (1981) Heatwave (1982)
Power Cuts (1982)
Current (1982)
Maximum Heat (1983)
** ATCQ - Stressed Out // Pete Rock - Soul Survivor
*** ATCQ - Verses from the Abstract // Smif-N-Wessun - All about the Cash

Papa Jazz est un crew de MC et producteurs réunis pour la grande cause qu'est le hip-hop français. Les sept membres de Papa Jazz : Polo, KnJazz, Jamal Finess et les groupes Univerts et 2² ont décidé de s'associer il y a déjà 3 ans. Evidemment passionnés de (bonne) musique, leurs influences vont de Jay Dee à Herbie Hancock en passant par Madlib et Billie Holiday. Alors que les acteurs du mouvement hip-hop en France laisse tomber les pianos monotones et les clichés des prod américaines pour les troquer contre des samples jazzy et la richesse de vrais instruments, Papa Jazz apporte en plus de tout cela des sonorités assez électro, plus abstracts et des thèmes engagés. Le crew nous emmène vers un retour aux sources éducatrices du hip-hop. Pour ceux qui ont eu l'opportunité d'écouter leurs morceaux, Juste Naturel et Black Stereo sont déjà considérés comme des classiques. Ils préparent actuelle une compilation du nom de Jazzystiq Vol. 1 qui regrouperait les univers du hip-hop, de la soul et du spoken word, un projet plutot pertinent qui pourrait atterir dans les bacs d'ici fin 2006.
Liens : Papa Jazz // Jamal Finess // KnJazz // Beats.
On pourrait qualifier Rachid Djaïdani de touche à tout. Boxeur, comédien et écrivain, c'est sous cette dernière casquette que je l'ai découvert. D'origines algérienne et soudanaise, Rachid grandit dans la banlieue parisienne entourée de 10 frères et soeurs, un environnement qui sera le décor principal de ces deux romans. Il commence à se faire un nom en tant que comédien jouant des petits rôles dans des films ayant pour thèmes la banlieue et ses habitants comme Ma Cité Va Craquer et assiste Matthieu Kasovitz sur le tournage du film La Haine. Parralèlement il extériorise toute sa rage sur des rings de boxe. Apparemment enfiler les gants ne lui suffit pas, pour se défouler il préfère écrire : "pour sentir que j'existe vraiment, il n'y a que l'écriture" dit-il.
Autobiographie ou autofiction, Rachid raconte le quotidien, la routine dans ces deux romans où les héros ou plutôt anti-héros évoluent sur fond d'anecdotes. Loin des clichés, il vulgarise la langue française, abuse de jeux de mots et de diverses références, nous entraîne dans un monde ou la langue n'a plus de registre, plus de limite. J'apprécie particulièrement tout cet excès, tout ce débit de mots, d'expressions que l'on trouve dans BoumKoeur et Mon Nerf. Plus que son écriture, c'est sa tchatche qui impressionne.
Dernièrement, il a tourné un documentaire de 52 minutes le fimant lors de l'écriture de son second roman appelé Sur ma ligne qui a remporté un franc succès lors de sa première nationale au Festival de Thau. Il vient également de terminé le tournage de son premier long métrage dont il est le scénariste et le réalisateur.
B I B L I O G R A P H I E
Boumkoeur (1999)
Mon age est de 21 hivers, je porte un jean 501, un pull bleu, sur mon poignet droit une gourmette en argent avec le prénom d'Hamel, mon défunt petit frangin, j'habite au 12e étage d'une des tours de la cité, je suis au chomage. J'aime bien la vie en général, mais j'aime pas le rap de variétés, qui me parle de bouger de la et qui me dit de me balancer les bras en l'air parce que ma vie est funkie. je suis un requin assassin grâce a la morsure de mon phrasé. J'aime bien les gens sincéres qui défendent les causes sociales, j'aime pas SOS Racisme, ils viennent dans nos quartiers uniquement lorsque c'est prime-time sur le dos de nos cadavres qui font de l'audimat. Et enfin jaime bien les grands fréres du quartier qui préférent toucher leur RMI plutot qu'enfiler des rangers pour surveiller des magasins qui n'appartiennent meme pas a leurs pères. Je me planque avec mon pote Grézi qui a commis une bétise a la sortie d'une école...
Mon Nerf (2004)
Comme toutes les semaines, Mounir, un jeune beur de banlieue, emprunte le métro pour consulter son psychiatre parisien. Le trajet est pour lui l’alibi idéal d’une longue rêverie de promeneur solitaire, l’occasion de se remémorer sous un jour halluciné l’enchaînement des épisodes qui ont marqué sa vie, parfois jusqu’à la souffrance la plus extrême : le traumatisme de la circoncision, la figure du père, la tendresse vicieuse de Gisèle dite Gigi, la nourrice du petit garçon que Mounir est alors amoureux, et dont il découvrira bien plus tard le véritable métier vieux comme l’immonde, au hasard d’un dépucelage à 19 ans. - Frederic Vignale

¤ Enfants terribles de cette nouvelle scène punk/electro/hip hop/soul Jack Davey et Brook D'Leau forment le délicieux tandem J*Davey. On pourrait tout simplement les catégoriser d'artistes New Wave car c'est bien sur une nouvelle vague que ces deux là surfent.
¤ Alors que Brook D'Leau, le beatmaker, se charge de composer des prod' plus spé les unes que les autres (des ptits bijoux qui pourraient sans soucis lui permettre de rivaliser avec The Neptunes ou même Sa-Ra), Miss Jack Davey de son vrai prénom Briana s'impose comme la personnalité dominante du duo. Cette petite demoiselle au joli minoi dompté d'une crête possède un charisme hors norme. Ex-rappeuse, elle a tout de même gardé le coté provocateur et frimeur que l'on trouve dans le hip-hop, ces lyrics ont d'ailleurs souvent cet arrière gout de clash...
" Eyes on me dear, listen with your good ear
Boys they wanna see her, and all the bitches wanna be her
Mamas don't like her, Papas wanna wife her
Miss Jack Davey, drive 'em crazy! " - Bitches.
¤ J*Davey est encore un groupe indépendant, bien qu'encadrés et buzzés par Questlove et Okayplayer. Jack et Brook ont également des projets solos et un projet commun appelé Illav8r. Ils sont récemment apparu sur la compil' Rewind!5 avec une reprise de Frank Zappa et Jack Davey sur la compil' Jay Loves Japan Aucun album n'est sorti mais une dizaine de morceaux circulent sur le net. Ils étaient en mai dernier en concert au Triptyque et si vous les avez manqués, soyez patients ils reviendront!
- Site Officiel
- Myspace : Jack Davey // J*Davey // illav8r
