Si mes souvenirs de cours de portugais sont justes, c'est bien ainsi qu'on traduirait "Na Boca Do Sol", titre du morceau
le plus connu de l'album d'Arthur Verocai, sorti en 1972. Le plus connu car il a été samplé entre autre par MF Doom et 9th Wonder. Je
connaissais le morceau de Doom et m'étais mise à la recherche de l'original, en vain.
C'est seulement durant cet été dans ma quête assoiffée de musique brésilienne (comme en témoignent mes derniers posts) que je tombe par hasard sur le LP de M. Verocai. Dès le premier morceau, les
airs me sont familiés, Caboclo est à l'origine du "We Got Now" de Little Brother (eh ben bravo 9th!). Piste 2, Pelas Sombras, divin.. Tiens ça me rappelle un
morceau... je m'écoute le son en boucle et là... Jneiro JarelJneiro Jarel! Brazilliant Thoughts,
oui oui c'est bien ici qu'il est venu se servir le ptit ! Enfin que dire?
Cet album c'est tout simplement je le pense, un classique... le travail sur les cuivres est parfait et c'est ce qui donne cette couleur funky. Et puis il y a ces guitares tantôt électriques
tantôt latines. A l'instar des cuivres, la particularité de cet album réside également dans les chants. Les choeurs sont comme mis en abyme de la musique, dans les airs, flottants comme des
échos. Ecoutez vous comprendrez...le mystère? est-ce un réel problème de mixage ou est-ce voulu? J'opterai pour la deuxième réponse, rappelons que deans les 70's, la musique est une manière
comme une autre pour les Brésiliens de se révolter malgré la censure... Souvenez vous de Gal Costa à la même époque. Verocai quand il fait cet album sait manifestement qu'il va déranger.
Des années plus tard, le voilà samplé dans le HipHop et le label Ubiquity réédite même son chef d'oeuvre... musique maestro !
On devrait
recommander 30 minutes de Monteiro chaque jour comme on recommande la demi-heure de marche quotidienne.
Et spécialement cet album, éponyme, le chapitre trois de la carrière de Doris.
Monteiro fait partie de celles que j'aime appeler les "songbird".
Elles sont comme ces oiseaux qui sifflent tot le matin près de votre fenêtre mais qui ne vous gênent pas contrairement aux roucoulements agressifs des pigeons.
On adore quand Doris chante innocemment l'amour, qu'elle se plaint passivement d'être seule (Cancao de sentir saudade). Mélancolique est la couleur de l'album, mais regarder la pochette de
l'album Doris regarde vers la lumière ! Donc pas que des larmes lors de l'écoute, des sourires aussi face à la candeur qui se dégage de la jeune chanteuse qui a à peine 25 ans à l'époque. (cf.
Hora de Nos Dois, Palhacada, O Menino Desce O Morro)
Tout au long de l'album il n'y a pas une note plus haute que l'autre, Doris chante comme on chante des berceuses à un enfant. La voix est plus mezzo que soprano, un brin cassée et descend bien bas
a quelques occasions. Ce naturel lui vaudra d'être boudée par son public brésilien chaud comme la braise qui lui reprochera sa trop grande réserve. Classique, un brin jazzy, les cuivres sont ici
rares (Passaporte pra Titia), remplacés - quand il le faut - par un bon vieil accordéon, on a ici affaire à une sorte un jazz-bossa-nova le tout restant très classique mais vocalement parfait (si
j'étais prof j'lui aurais mit '10/10 Très bonne élève!" à la petite Monteiro)!
+ Dans la catégorie "femme à voix portant des co*illes" je demande Gal Costa ! J'ai toujours eu une passion pour celles qui ont eu le courage de s'affirmer en tant que femme à l'époque, les
leaders, celles qui portent le pantalon ! On en fait plus des "comme elles" et pour cela remontons 40 ans auparavant. 1969. Maria das Graças Costa Penna Burgos a entamé sa carrière sous les
ailes protectrices de Gilberto Gil et Caetano Veloso (deux grands maîtres de la musique do Brazil). Raccourcicant au minimum son patronyme Maria devient Gal Costa et sort un album
du même nom. Coupe afro et funky attitude, les influences venus du Nord ne sont pas dissimulées. La même année, les yeux toujours tournée vers les US - et peut-être surtout vers Mr Hendrix- elle
enregistre "Gal", les guitares grondent, la voix se fait douce et agressive, la musique sort dans des cris ou des rires : tout ce qu'on aurait pu s'imaginer à la vue de cette pochette au
dessin psychédélique. Libérée et rebelle, elle persiste et signe avec "Meu Nome é Gal" (trad. Mon nom est Gal), morceau-définition du personnage Costa.
+ 1972. Les années hippies. Sur les plateaux télé, Gal, en véritable adepte du Flower Power, chante guitare à la main, fleurs dans les cheveux, assise sur un tabouret, les jambes écartées de part
et d'autre de son pied de micro. Elle ne fait rien pour calmer le feu déclenché par ce fameux bikini rouge.... Le bikini c'est elle qui le porte sur la pochette de India, qui n'échappera pas
à la censure! Au delà de sa sensualité sur-exploitée, Gal développe une maitrise de la guitare qu'elle met en avant sur Da Maior Importancia, et comment ignorer Pontos de Luz, funky et envoutant
morceau qui a fait démarrer mon amour pour Gal. Bien que moins déluré que les essais rock de la belle, India reste tout de même l'album de la provocation.
+ Deux ans plus tard, Gal donne la fausse impression qu'elle s'est assagie. Cantar, est vraiment plus doux que ce à quoi elle nous avait habitués, les rhytmes sont purement brésiliens, ça
sent la bossa, le jazz.... le chant est appliqué, il n'y a pas une note plus haute que l'autre et ça lui va plutot bien.
D'autres albums verront le jour pratiquement tous les ans, des liens se créent avec la crème de la musique brésilienne mais le meilleur de Gal se trouve dans ses albums pré années 80.
Discographie sélective
Gal (1969) 1. Cinema Olympia
2. Tuareg
3. Cultura E Civilizacao
4. Pais Tropical
5. Meu Nome E Gal
6. Com Medo Com Pedro
7. The Empty Boat
8. Objeto Sim Objeto Nao
9. Pilsars E Quasars
India (1972)
1. India
2. Milho Verde ( Folclore Portugues )
3. Presente Cotidiano
4. Volta
5. Relance
6. Da Maior Importancia
7. Passarinho
8. Pontos De Luz
9. Desfinado
Cantar (1974)
1. Barato
Total
2. A Rã
3. Lua, Lua, Lua
4. Cancao Que Morre No Ar
5. Flor De Maracuja
6. Flor Do Cerrado
7. Joia
8. Ate Quem Sabe
9. O Ceu E Som
10. Lagrimas Negras
11. Chululu
Ray
Ray a choisit de revenir sur le devant de la scène avec un album à la old school... Mais qu'est ce qu'ils ont tous avec la Soul à l'ancienne? Depuis que ça a marché pour Amy, il n'en finissent pas
de retourner en arrière... J'adore Raphael et les morceaux que j'ai entendu sont terribles mais que fait il de spécial à part surfer sur la vague...? The Way I see It sera le dernier album
revival que j'écouterai, parole de scout!